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Revue de presse du 29 novembre 2013#

Cette semaine, pas d'introduction imaginative, on va droit à l'essentiel. On commence avec une très bonne nouvelle, l'annonce par Sean Gillies de la prochaine disponibilité d'une bibliothèque permettant de manipuler des rasters. Niveau interfaces, notons ce plugin Jquery nommé Maplace.js mais aussi World Map generator une initiative intéressante offrant des cartographies différentes. La partie logicielle est marquée par Postgis. Pas de revue de presse sans bien évidemment parler d'OpenStreetMap et notamment du nouveau rendu de Stamen Design. Mais aussi, de Google Maps et du tracas juridique avec la société Bottin Carto. Afin de tempérer les esprits, profitez-en pour consulter ces dix cartes qui changeront (peut être) votre vision du monde. Enfin, n'oubliez pas d'entonner avec moi "Geography is the World".

On vous donne également rendez-vous jeudi prochain pour la nouvelle GéoInterview qui portera sur l'usage des drones !


Sorties de la semaine#

Du nouveau du côté des logiciels de traitement d'images OpenSource#

Pour ceux qui font du Python, Shapely ou Fiona sont des bibliothèques de référence pour faire de la cartographie. L'auteur de ces mêmes librairies, Sean Gillies, vient de commencer un nouveau projet : une bibliothèque pour manipuler les images raster utilsant GDAL et NumPy, une bibliothèque Python bien connue pour le traitement de données scientifiques. L'annonce est disponible sur le blog du développeur. Attention, cette bibliothèque est encore jeune donc plus à surveiller qu'à utiliser immédiatement.

Par ailleurs, nous avons vu émerger une autre bibliothèque, appelée RGISLib (comme The Remote Sensing and GIS Software Library) qui comme Rasterio a vocation à faire du traitement d'images mais semble aussi couvrir un spectre plus large de fonctionnalités (comme une partie vecteur). Vous pouvez visiter le site de RGISLib pour voir la documentation associée.

Client#

Maplace.js#

La Ferme du Web est l'un de mes sites préférés quand je fais mes pauses technos. On y trouve toujours une multitude de bibliothèques toutes plus intéressantes les unes que les autres. Cette fois-ci, c'est un plugin jQuery nommé MaPlace.js qui a attiré mon attention. Celui-ci permet de configurer votre carte à l'aide d'un simple tableau de données au format Json limitant ainsi le nombre de lignes de code à écrire. Les fonctionnalités ont l'air assez avancées car vous pouvez par exemple définir votre propre style de carte, ajouter des données provenant de Google Fusion table ou encore spécifier un itinéraire.

Les changements forestiers à l'échelle mondiale#

L'Université du Maryland en partenariat avec Google et plein d'autres chercheurs (une très très grande équipe de recherche) ont mis en ligne un travail très intéressant sur les changements du couvert forestier entre 2000 et 2012 à l'échelle mondiale. Eh oui, rien que ça!

De quoi s'agit-il exactement? De la première carte haute résolution des changements du couvert forestier à l'échelle mondiale. Leurs travaux sont basés sur des images Landsat 7 de 1999 à 2012, obtenues auprès de l'USGS. Plus de 650 000 images Landsat ont été traitées !!! Cette analyse a été possible grâce à la participation des équipes de Google Earth Engine.

"This is the first map of forest change that is globally consistent and locally relevant,"says University of Maryland Professor of Geographical Sciences Matthew Hansen, team leader and corresponding author on the team’s study, published online on November 14 in the journal Science

Source: GCN, 20 novembre 2013

Le tout est visualisable via l'API Google Maps.

World Map generator#

En début d'année, nous avions déjà eu l'occasion de vous présenter le site World Map Generator. Ce projet a pour vocation d'offrir des cartes uniques et différentes ! La dernière innovation, vous permettre de définir vous-mêmes le centre de votre carte afin de mettre en valeur la zone que vous souhaitez visualiser. Dommage qu'il ne soit pas possible de changer le fond de carte, mais sachez que vous pouvez modifier la couleur des continents, de l'océan et ajouter un graticule.

Logiciel#

Manipulation LIDAR#

L'imagerie LIDAR a en quelques années, pris un essor considérable dans toutes les sciences qui travaillent sur l'espace. Il n'est donc pas étonnant de voir se développer un ensemble d'outils pour manipuler ces jeux de données. En tombant sur un article qui faisait état de la prise en charge de ce type de données par la dernière mouture de OpenGeo Suite (que nous avons déjà évoqué dans ces pages), nous avons au fils des liens trouvé un ensemble d'infos sur la manipulation de ce type de données.


Après GDAL voilà PDAL (Point Data Abstraction Library), qui va prendre en charge toutes les actions de conversion et transformation que vous réalisez déjà avec GDAL. Sachez également si vous ne suivez pas l'actualité de LIDAR ou de PostGIS que ce dernier prend bien sûr en charge ce type de données (ici vous trouverez les slides qui traite du sujet au FOSS4G-NA 2013, et là un tuto relativement détaillé).

PostGIS, un logiciel, plusieurs facettes#

Encore un billet "bâtard" mixant différentes choses mais toujours relatives à PostGIS :

Découvrez un nouveau logiciel nommé Batyr qui va vous éviter de "vous taper la tête contre les murs" quand vous aurez une mise à jour de données vectorielles à faire sur une base PostGIS. Il fait office de serveur et va vous permettre la synchronisation bases PostGIS et fichiers vectoriels. Il ne fonctionne que sous Linux et dispose d'une API utilisable avec des requêtes HTTP pour certaines opérations. En savoir plus en suivant le lien vers le projet Batyr (malgré toute notre bonne volonté nous n'arrivons pas à tout tester chez GeoTribu - si vous avez pu l'essayer, n'hésitez pas à nous faire part de vos impressions ;)

Lisez un point de vue intéressant sur les méthodes de travail SIG et ailleurs. PostGIS est d'ailleurs présenté comme une alternative. Cette vision met en avant deux points:

  • technique car étant une base de données spatiale qui permet une manière de travailler uniquement en base pour effectuer des traitements

  • une différence culturelle entre les utilisateurs SIG et les autres métiers plus informatiques. Il y a une méthodologie de travail ancrée sur une gestion avec système de fichiers et traitements "à la model-builder"et/ou"à la Sextante" alors que pour d'autres métiers c'est le traitement côté SQL qui prédomine.

Même si tout n'est pas "noir ni blanc", cette vision est intéressante à partager.

Enfin, on finit avec une nouvelle intéressante pour la communauté PostGIS dont celle francophone : un système d'internationalisation a été mis en place sur le projet et vous pouvez dès maintenant contribuer pour avoir votre documentation favorite en français. Pour savoir plus, allez sur le site de traduction de la documentation PostGIS.

OpenStreetMap#

OpenStreetMap, l'inexorable montée continue#

Cette semaine a vu le passage de deux gros acteurs du web aux tuiles OpenStreetMap.

Le premier est Pinterest, "un site web américain mélangeant les concepts de réseautage social et de partage de photographies" (dixit Wikipedia). Les tuiles ont été réalisés par Stamen. Vous pouvez en savoir plus sur le billet de blog de Stamen ou bien allez directement admirer.

Le second, Mozilla passe aussi à OpenStreetMap mais cette fois ci c'est MapBox à la réalisation pour les tuiles. Comme précédemment, consultez le billet de blog associé. Ok, Mozilla propose pas encore beaucoup de contenus qui utilisent des cartes (mais je peux me tromper) mais cela reste bien marqueur de la tendance Switch2osm.

Google#

Bottin carto et Google Maps#

En 2012, nous avions eu l'occasion de vous parler du différend qui oppose la société Bottin Carto à Google. A cette époque, la décision de justice avait condamné Google à payer 500 000 euros pour abus de position dominante par rapport à Google Maps. Décision qui avait alors été repoussée en appel, mais qui a bien été confirmée tout récemment. Cette décision risque de faire boule de neige car Google Maps n'est pas le seul service proposé "gratuitement" par Google. Je dis gratuitement entre parenthèses, car bien que l'objet du grief porte sur cet aspect, il faut bien comprendre que Google n'est pas philantrope, bien au contraire. C'est simplement que le modèle économique adopté est différent de celui qui se fait traditionnellement.

À l'époque, l'interface cartographique proposée par Bottin Carto était loin des standards actuels (voir image ci-dessous).Il était donc parfaitement compréhensible de faire le choix de solutions plus "user friendly". Difficile aujourd'hui de faire la comparaison car le site de la société Bottin Carto a été mis à jour et aucune de leurs solutions n'est disponible en ligne...

Et vous que pensez-vous de cette décision ? Est-elle justifiée ?

Open Data#

Toutes les licences s'ouvrent à nous !#

Ces dernières années avec l'émergence de l'Opendata, de nombreuses licences sont apparues aux cotés des données! Elles sont souvent désignées par des acronymes du type ODbL, ODC, CCo... Mais savez-vous quel type de licence se cache derrière chaque acronyme? Pour vous aider, la gazette.fr a mis en ligne un article très intéressant, qui retrace l'historique des licences ouvertes. L'auteur en profite pour vous faire un résumé de ce qui se cache exactement derrière chaque licence. À consommer sans modération.

Représentation Cartographique#

Picards révoltez-vous#

Les dix cartes qui changeront (peut-être) votre vision du monde. C'est pas moi qui le dit c'est Konbini.

On apprend donc entre autre que les Ch'tis ou les Alsaciens picolent pas mal de bière ... soit ... mais un truc me chiffonne, c'est ma Picardie natale ! Elle se fait manger par la Champagne - aaarrrrggghhhh.

Ah oui ! les dix cartes, c'est par :)

Et si... ?#

John Wesley Powell fut un soldat, abolitionniste et géologue qui, en 1869, fit un incroyable voyage le long des rivières Green et Colorado. Durant ce périple, il devint fasciné par l'eau, de la façon dont cette dernière avait façonné le paysage.

Il prit conscience que pour se développer de manière efficace, les villes, les états au sens plus large, auraient besoin de se concentrer autour de leurs ressources en eau, et donc de prendre en compte la topographie du milieu, au risque de s'exposer à des conflits majeurs.

De ce fait, une façon de donner forme aux états et de leur assurer une ressource en eau pérenne était de les faire épouser la forme de leurs bassins versants.

Cependant, en regardant la forme carrée des états du Colorado, du Nouveau-Mexique, on peut constater que les théories de Powell n'ont pas été prises en compte, alors même que la consommation d'eau est un des enjeux majeurs de notre siècle.

John Lavey, un aménageur, revisite les Etats-Unis et concrétise l'idée de Powell avec une carte des USA où chaque état prend la forme du bassin versant principal auquel il appartient.

L'auteur de l'article propose une réflexion selon laquelle si les états étaient nés au sein de bassins versants, les citoyens auraient davantage pris conscience de l'eau qui les entoure, alors qu'aujourd'hui, personne ne se soucie guère d'où elle provient. Cela aurait peut-être fait émerger des modes de consommation locaux, "locavores", efficaces, de l'eau.

John Lavey, en guise de conclusion, par rapport à cette réflexion, dit : "si tu te soucies de la nourriture, alors tu te soucies de l'eau". "Si tu prêtes attention à l'endroit où tu vis, alors tu prêtes attention à l'eau".

Divers#

Analyse spatiale de l'infection H7N9 en Chine#

Dans le volume de novembre d’Eurosurveillance, est paru un article traitant par une approche basée sur la statistique spatiale de la diffusion de cas de la dernière souche de grippe H7N9 en Chine l'année passée.

Si les cartes ne sont pas facilement lisibles, cela reste intéressant de constater que les auteurs arrivent par la méthode "Cuzick–Edwards" k-nearest neighbour à isoler 3 processus de diffusion distinctes. On notera également toujours d'après les auteurs, que le climat de cette année a sans doute joué un rôle dans le confinement de l'épidémie. Moi ça me donnerais envie d'étudier l'échelle spatiale à laquelle le climat est déterminant dans la diffusion ou le confinement de la maladie.

source : Euro Surveillance

Évolution historique des SIG#

J'adore l'histoire des SIG car beaucoup de ce que nous utilisons aujourd'hui a été en réalité inventé il y a maintenant quelques dizaines d'années. En fait, le terme GIS fait sa première apparition en 1965 sous la plume de Mr Roger Tomlinson avec le Canada Land Inventory.

À peine quatre ans plus tard (1969) la société Esri est fondée, suivie en 1979 de MOSS l’ancêtre de Grass. Puis, il faudra attendre le milieu des années 80 pour voir les premières versions d'ArcInfo voir le jour et les années 90 pour celle de Grass. S'ensuivent différentes annonces avec surtout en 2002, la disponibilité de QGIS !

Comment savons-nous tout cela ? Bon j'aurais bien aimé faire genre que je connais cela par coeur, mais en réalité je me suis appuyé sur cette super timeline réalisée par GIS Lounge. En plus, si vous souhaitez enrichir cette timeline vous pouvez même poster votre commentaire !

Geography is the World#

Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, répétez avec moi tous en coeur :

Bon, si les membres de GéoTribu ne vous inspirent pas suffisamment faisons alors appel à Chris Hadfield, le héros National Canadien ! Quoi qu'il en soit, saluons cette superbe initiative lancée par le site Spatial information.

En bref#


Dernière mise à jour: 13 octobre 2020
Contributions à cette page : Julien Moura

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